apôtre


apôtre

apôtre [ apotr ] n. m.
apostre fin XIIe; apostle 1080; lat. ecclés. apostolus, gr. apostolos « envoyé »
1Chacun des douze disciples que Jésus-Christ choisit pour prêcher l'Évangile. Jésus-Christ célébra la Cène avec ses apôtres dans le cénacle. Actes des apôtres : livre canonique écrit par saint Luc. L'apôtre Marc, l'un des évangélistes. L'apôtre des gentils : saint Paul. — Par ext. Celui qui propage la foi chrétienne ( prédicateur), fait des conversions. apostolat.
2Fig. Personne qui propage, défend une doctrine, une opinion. Se faire l'apôtre d'une idée. Fénelon, « apôtre de la tolérance » (Faguet). « Je mets à part les apôtres des cultes orgiaques » (Caillois). Avoir une âme d'apôtre.
3Par antiphr. Loc. Vx Faire le bon apôtre : contrefaire l'homme de bien pour tromper autrui.

apôtre nom masculin (bas latin apostolus, du grec apostolos, envoyé de Dieu) Nom qui désigne dans les premiers temps de l'Église soit les douze disciples choisis par Jésus (Simon Pierre, André, Jacques fils de Zébédée, Jean, Philippe, Barthélemy, Thomas, Matthieu, Jacques fils d'Alphée, Thaddée, Simon le Zélote et Judas l'Iscariote), soit les premiers messagers de l'Évangile appelés par vocation particulière (ainsi Paul, Matthias, Barnabé). Nom de ceux qui ont, les premiers, porté l'Évangile dans une ville ou dans un pays. ● apôtre (difficultés) nom masculin (bas latin apostolus, du grec apostolos, envoyé de Dieu) Orthographe On écrit : les douze apôtres, l'apôtre Jean mais : les Actes des Apôtres, l'Apôtre des gentils (surnom de saint Paul). ● apôtre (expressions) nom masculin (bas latin apostolus, du grec apostolos, envoyé de Dieu) L'Apôtre des gentils, saint Paul. Faire le bon apôtre, affecter une franchise et une probité qu'on n'a pas. Les Princes des apôtres, saint Pierre et saint Paul. ● apôtre nom Personne qui se met au service d'une cause, d'une idée, d'une doctrine : Une apôtre du pacifisme.

apôtre
n. m.
d1./d Chacun des douze disciples de Jésus-Christ, qu'il choisit pour prêcher l'évangile. L'Apôtre des gentils: saint Paul.
d2./d Ardent défenseur (d'une idée, d'une doctrine, etc.). Se faire l'apôtre d'une cause.
d3./d Péjor. Faire le bon apôtre: contrefaire l'homme de bien.

⇒APÔTRE, subst. masc.
A.— RELIG. [Suivi ou non de de + compl. d'appartenance] Nom donné aux douze disciples que Jésus-Christ chargea de prêcher l'Évangile :
1. Ils avaient des noms. Ils furent les premiers disciples; ils furent les douze apôtres. Les vieux saints, les saints éternels, les premiers vieux saints, les éternels vieux saints.
PÉGUY, Le Mystère de la charité de Jeanne-d'Arc, 1910, p. 131.
2. Quand l'apôtre Pierre eut renié son maître jusqu'à trois fois, il n'eut pas à chercher si son maître avait raison ou tort, ou si lui-même s'était laissé duper par quelque belle apparence; mais plutôt il se sentit glisser; il connut sa faiblesse.
ALAIN, Propos, 1925, p. 645.
P. comp.
Prêcher en apôtre, comme un apôtre. ,,Prêcher avec onction, et d'abondance de cœur`` (Ac. 1878-1932).
P. iron., péj. Bon apôtre. Homme malicieux et de mauvaise foi. Faire le bon apôtre. ,,Contrefaire l'homme de bien.`` (Ac. 1835-1932) :
3. Moi je fais le bon prince et toi le bon apôtre. Au fond nous sommes pleins de fiel l'un contre l'autre.
HUGO, Torquemada, 1882, p. 12.
Rem. On trouve aussi mauvais apôtre (Judas) :
4. J'ai rencontré un jour, à Paris, une très-belle meute appartenant à je ne sais quel mauvais apôtre qui avait su vendre son maître beaucoup plus de 30 deniers.
BLOY, Journal, 1900, pp. 381-382.
SYNT. Les princes des apôtres (Saint Pierre et Saint Paul), ,,l'apôtre des gentils, des nations, le grand apôtre, ou simplement l'Apôtre (Saint Paul)`` (Ac. 1835, 1878), symbole des apôtres.
P. anal.
a) Nom donné aux enfants ou aux pauvres dont l'évêque lave les pieds au cours de la liturgie du jeudi saint, en souvenir du geste de Jésus lavant les pieds des douze disciples.
b) Arg. Juré d'assises. ,,Le nombre des jurés, douze, le même que celui des apôtres, suggère le rapprochement avec l'Évangile.`` (ESN. 1966).
B.— P. ext.
1. [Avec un compl. prép. de indiquant le destinataire de la prédication] Celui qui a le premier prêché la religion chrétienne dans une contrée. Saint-Denis est l'apôtre de Paris (Ac. 1835-1932).
2. [Avec un compl. prép. de indiquant l'objet de la prédication]
a) Celui qui propage une religion à la manière des apôtres :
5. Le prosélytisme religieux se trouve ainsi à l'origine d'une orientation décisive de la recherche scientifique : aux simples prises de contact avec les indigènes, aux rapides aperçus des voyageurs succède le travail lent, minutieux, en profondeur, de ces apôtres du christianisme.
Hist. de la science, 1957, p. 1452
b) Celui qui, par ses paroles ou son exemple, propage une doctrine, une opinion, se voue à la défense d'une cause :
6. ... vous êtes père de famille; de lourdes charges vous incombent, et, sans vouloir me faire l'apôtre de certaines revendications sociales, j'oserai dire que l'état ne reconnaît pas toujours avec la générosité souhaitable le mérite de ses serviteurs...
COURTELINE, Le Gendarme est sans pitié, 1899, 3, p. 173.
7. ... devant celui qu'il appelait l'apôtre du laid [Delacroix], Ingres crut devoir se faire l'apôtre du beau.
L. HOURTICQ, Hist. gén. de l'Art, La France, 1914, p. 344.
8. ... à Londres, Viénot, qui toute sa vie fut un apôtre de l'alliance britannique et qui s'attriste de rencontrer la réticence de l'Angleterre; ...
DE GAULLE, Mémoires de guerre, 1956, p. 190.
Rem. La docum. fournit le néol. d'aut. apostoline, subst. fém. Femme d'apôtre (cf. HUYSMANS, Là-bas, t. 1, 1891, p. 102 : douze apôtres et douze apostolines); prob. formé sur le rad. de apostolat, suff. -ine, fém. de apostolin, 1752, Trév. ,,religieux d'un ordre appelé autrement l'Ordre de S. Barnabé; appelés ainsi, à cause de la vie apostolique qu'ils menaient``.
PRONONC. :[]. Enq. :/, D/.
ÉTYMOL. ET HIST. — 1. XIe s. « chacun des douze disciples qui reçurent de Jésus-Christ la mission de prêcher l'Évangile; chacun des premiers disciples du Christ » (Ep. S. Est., IXe ds GDF. Compl. : Saulus au non d'Adamassa la grant Pois fut apotres); d'où 1100 « l'apôtre de Rome » le Pape, successeur de l'apôtre Saint Pierre (Roland, éd. Bédier, 2998 : Recleimet Deu e l'apostle de Rome); 1798 p. anal. (Ac. : Apôtre. On donne encore le nom d'Apôtres, Aux enfans dont on lave les pieds le Jeudi Saint à la cérémonie de la Cène); 2. 1690 (FUR. : Apostre est aussi celuy qui a le premier planté la foy en quelque endroit); d'où fig. XVIIe s. « celui qui cherche à propager une doctrine » (LA BR[UYÈRE], 16 ds DG : Quand on ne serait pendant sa vie que l'apôtre d'un seul homme); 3. 1663 p. antiphrase bon apôtre (MOLIÈRE, Ét., 1559 ds ROB. : ... ce bon apôtre Qui veut m'en donner d'une et m'en jouer d'un autre); 1723 arg. (Le Vice puni ou Cartouche ds SAIN. Sources Arg. t. 1, p. 329 : Apôtres, doigts); 1847 « pieds » (Dict. de l'arg. ou la Lang. des voleurs dévoilés, p. 220).
Empr. au lat. eccl. apostolus gr. ; au sens 1 ST JÉRÔME, Gal., 1, 1, 1 ds BLAISE; cf. gr. N.T., Luc, 6, 13 ds BAILLY; au sens 2, Vulg., I Cor, XII, 28 (éd. Filion); sens 3 « doigt » peut-être parce que les bons apôtres étaient unis comme les doigts d'une main; voir aussi SAIN. Sources t. 3, p. 9 et FEW t. 25, 2, p. 20a.
STAT. — Apôtre. Fréq. abs. littér. :1 210. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 1 968, b) 1 532; XXe s. : a) 2 184, b) 1 331. Apostoline. Fréq. abs. littér. :1.
BBG. — ALLMEN 1956. — Archéol. chrét. 1924. — BACH.-DEZ. 1882. — Bible 1912. — Bible Suppl. t. 1 1928. — BOUYER 1963. — DHEILLY 1964. — DUPIN-LAB. 1846. — ESN. 1966. — Foi t. 1 1968. — FRANCE 1907. — FRIES t. 1 1965. — GOTTSCH. Redens. 1930, p. 355. — LARCH. 1880. — LA RUE 1954. — LEP. 1948. — LE ROUX 1752. — MARCEL 1938. — MICHEL 1856. — NELLI 1968. — NOTER-LÉC. 1912. — PIERREH. 1926. — PIERREH. Suppl. 1926. — Théol. bibl. 1970. — Théol. cath. t. 1, 2 1909. — VIOLLET 1875.

apôtre [apotʀ] n. m.
ÉTYM. XIe; du lat. ecclés. apostolus, grec apostolos « envoyé ».
1 Chacun des douze disciples que Jésus-Christ choisit pour prêcher l'Évangile (ellipt. : les douze). || Mission des apôtres. Apostolat. || Jésus-Christ célébra la Cène avec ses apôtres dans le cénacle. || Symbole des apôtres ( Credo). || Actes des apôtres : livre canonique écrit par saint Luc et qui contient une partie de l'histoire des apôtres. || L'apôtre Marc, Luc. || Le prince des apôtres : saint Pierre. || L'apôtre des Gentils : saint Paul.Les apôtres Jean et Pierre, tableau de Dürer. || La fête des apôtres, le 29 juin.
1 Quand il fut jour, il (Jésus) appela ses disciples, et il choisit douze d'entre eux, à qui il donna le nom d'apôtres : Simon, à qui aussi il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée et Simon surnommé Zélote, Judas, fils de Jacques, et Judas Iscarioth, qui devint traître.
Bible, Évangile selon saint Luc, VI, 13.
REM. Après la mort du Christ, on donna le nom d'apôtre à saint Mathias, élu pour remplacer Judas, à saint Paul et à saint Barnabé.
2 L'hypothèse des apôtres fourbes est bien absurde (…) Qu'on s'imagine ces douze hommes assemblés après la mort de Jésus-Christ, faisant le complot de dire qu'il est ressuscité. Ils attaquent par là toutes les puissances.
Pascal, Pensées, XII, 801.
3 Les apôtres tiennent le concile de Jérusalem où saint Pierre parle le premier, comme il fait partout ailleurs.
Bossuet, Hist., I, 10, in Littré.
Par ext. Celui qui propage la foi chrétienne ( Prédicateur), fait des conversions. || Saint François Xavier, l'apôtre des Indes. || Prêcher en apôtre, comme un apôtre, avec onction et d'abondance de cœur.
4 L'orateur cherche par ses discours un évêché; l'apôtre fait des conversions (…)
La Bruyère, les Caractères, XV, 21.
2 (Fin XVIIe, La Bruyère). Fig. Celui qui propage, défend une doctrine, une opinion. || Une âme d'apôtre. || Se faire l'apôtre d'une idée. || Martin Luther King, apôtre de la non-violence.
5 (Fénelon) apôtre de la tolérance, ami du peuple (…) martyr de la liberté (…)
Émile Faguet, XVIIe s., p. 446 (→ Affranchissement, cit. 3).
6 Mais, homme de foi à tous égards, Paul Durand-Ruel avait une âme d'apôtre et la combativité des vrais apôtres.
Georges Lecomte, Ma traversée, p. 135.
3 (1663). Par antiphr. || Bon apôtre : homme de mauvaise foi.Faire le bon apôtre : contrefaire l'homme de bien pour tromper autrui.
7 (…) ce bon apôtre
Qui veut m'en donner d'une et m'en jouer d'un autre (…)
Molière, l'Étourdi, IV, 5.
8 Tout Picard que j'étois, j'étois un bon apôtre (…)
Racine, les Plaideurs, 7.
9 Grippeminaud le bon apôtre,
Jetant des deux côtés la griffe en même temps,
Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre.
La Fontaine, Fables, VII, 16.
10 Là, Cormoran, le bon apôtre (…)
La Fontaine, Fables, X, 3.
Adj. || Il est un peu trop bon apôtre.
11 S'il faut donner son sang,
Allez donner le vôtre
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le Président.
Boris Vian, le Déserteur (chanson).
REM. Aux sens 2. et 3., apôtre peut s'employer en parlant d'une femme : elle fut l'apôtre de la libération des femmes.
DÉR. V. Apostolat, apostolique.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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